L'Américain Dennis Coyle (g) et l'ancien représentant spécial américain pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad, après sa libération par les talibans, le 24 mars 2026 à l'aéroport de Kaboul, en Afghanistan ( AFP / Wakil KOHSAR )
Les autorités talibanes en Afghanistan ont annoncé la libération d'un Américain détenu depuis plus d'un an, après une lettre de sa famille et la médiation des Emirats arabes unis, où il est arrivé mardi soir.
Dans un communiqué, le ministère afghan des Affaires étrangères a précisé que "l'Emirat islamique a libéré un citoyen américain, Dennis Coyle à l'occasion de l'Aïd el-Fitr", la fête marquant la fin du ramadan.
La famille de Dennis Coyle avait écrit au leader suprême de l'Afghanistan, demandant qu'il "soit gracié et libéré", a-t-il ajouté.
"La Cour suprême de l'Emirat islamique a jugé sa période de détention suffisante (....) et il a été remis à sa famille", ont précisé les autorités afghanes.
Les Emirats arabes unis ont "accueilli" Dennis Coyle, dans l'optique de "faciliter son transfert aux Etats-Unis", "en présence de représentants des autorités compétentes des deux pays", a de son côté fait savoir le ministère émirati des Affaires étrangères.
Ces annonces ont suivi une rencontre à Kaboul entre le chef de la diplomatie afghane Amir Khan Muttaqi, l'ancien envoyé spécial américain en Afghanistan Zalmay Khalilzad, l'ambassadeur émirati à Kaboul Saif Mohammed Al-Ketbi et un membre de la famille de M. Coyle.
A l'aéroport de Kaboul, Dennis Coyle, un chercheur linguiste de 64 ans, est apparu brièvement au côté de M. Khalilzad au cours d'une conférence de presse mais sans prendre la parole.
Portant un vêtement traditionnel afghan couleur crème, il a paru soulagé avant de partir embarquer dans un jet privé des Emirats, selon une équipe de l'AFP.
Cette libération est "un évènement très positif et une bonne décision des autorités" afghanes, a souligné M. Khalilzad.
- Encore beaucoup à faire" -
"Bien qu'il s'agisse d'une avancée positive (...), il reste encore beaucoup à faire. Nous continuons à réclamer le retour immédiat de Mahmoud Habibi, de Paul Overby et de tous les autres Américains détenus injustement", a déclaré de son côté le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio dans un communiqué.
L'Américain Dennis Coyle (c), après sa libération, avec l'ancien représentant spécial américain pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad (d) et l'ambassadeur émirati Saif Mohammed Al-Ketbi (g), à l'aéroport de Kaboul, le 24 mars 2026 en Afghanistan ( AFP / Wakil Kohsar )
Originaire du Colorado, Dennis Coyle avait été arrêté en janvier 2025 par les autorités afghanes, selon la fondation Foley, une organisation qui plaide pour la libération des Américains pris en otage ou détenus arbitrairement à l'étranger.
Le ministère afghan des Affaires étrangères a réaffirmé mardi qu'il était détenu pour des "violations des lois en vigueur en Afghanistan", sans donner plus de détails.
Dennis Coyle était allé pour la première fois en Afghanistan au début des années 2000, d'après le site internet qui le soutient, "afin d'étudier la riche diversité linguistique de l'Afghanistan et pour aider les communautés afghanes à développer des ressources dans leur langue".
Sa libération intervient deux semaines après que les Etats-Unis ont officiellement inscrit l'Afghanistan sur leur liste des pays pratiquant "des détentions injustifiées".
Les autorités afghanes avaient alors appelé à la poursuite des discussions pour régler les différends concernant les prisonniers.
- Appel à libérer un Afghan -
Outre M. Coyle, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio avait mentionné Mahmoud Habibi, un consultant qui travaillait pour une entreprise de télécommunications.
L'Américain Dennis Coyle se dirige vers un avion affrété après sa libération par les talibans, le 24 mars 2026 à l'aéroport de Kaboul, en Afghanistan ( AFP / Wakil KOHSAR )
Selon Washington, il a été enlevé à Kaboul en 2022, peu après la frappe américaine qui a causé la mort du chef du groupe jihadiste al-Qaïda Ayman al-Zawahiri. Les autorités talibanes nient toute implication dans sa disparition.
Le gouvernement taliban a quant à lui demandé dans un entretien avec le quotidien américain New York Times en janvier la libération du dernier Afghan détenu dans la prison américaine de haute sécurité de Guantanamo, sur l'île de Cuba, Muhammad Rahim.
Arrivé en mars 2008, ce dernier a été accusé par la CIA d'être un proche du chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, ce que sa famille dément.
Présent mardi à l'aéroport de Kaboul, son fils Ibrahim Rahim, a déclaré avoir donné à M. Khalilzad une lettre pour le président américain Donald Trump dans laquelle il est demandé que son père soit libéré pour raisons médicales.
Ibrahim Rahim (c), le fils de Muhammad Rahim, dernier Afghan détenu à la prison de haute sécurité américaine de Guantanamo à Cuba, s'adresse aux médias à l'aéroport de Kaboul, le 24 mars 2026 en Afghanistan ( AFP / Wakil KOHSAR )
"Notre père qui est détenu devrait aussi être libéré et nous rejoindre", a-t-il dit. "Il nous avait été promis qu'il serait libéré et transféré au Qatar mais la promesse n'a pas été tenue", a-t-il ajouté.
Cinq Américains ont été libérés par les autorités talibanes en 2025.
En septembre, Amir Amiri avait été remis à Adam Boehler, l'envoyé spécial du président Trump pour les otages. La Sino-Américaine Faye Hall, arrêtée le 1er février 2025, avait aussi été libérée en septembre.
Un autre Américain, l'ingénieur aéronautique George Glezmann, avait pour sa part été relâché en mars 2025.
En janvier 2025, Ryan Corbett et William McKenty avaient été libérés en échange d'un Afghan, Khan Mohammed, condamné pour narcoterrorisme aux Etats-Unis.

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer